Première expérience professionnelle au Québec

À la lecture de mon CV, on me dit que « je n’ai pas d’expérience québécoise » : que faire? telle était la question posée aux panélistes

Dans le processus de sélection, l’employeur cherche à minimiser le risque d’un mauvais choix de candidat, parce que le recrutement coûte de l’argent, du temps et de l’énergie. L’employeur traduit donc davantage cette inquiétude lorsqu’il est en face d’un candidat immigrant n’ayant pas fait ses études ou évolué dans un environnement de travail québécois. Même si cette situation est déstabilisante pour le chercheur d’emploi immigrant qui trouve incohérent que le ministère de l’Immigration le sélectionne en fonction de ses compétences et des critères rigoureux et que l’employeur ne lui accorde pas une chance ou qu’il se trouve déjà en entrevue et se faire dire alors « qu’il n’a pas une expérience québécoise »; il faut savoir comment bien répondre à cette épineuse question qui est parfois, reconnaissons-le « un fourre-tout ».

Alors, la meilleure attitude à adopter pour le chercheur d’emploi immigrant est de démontrer principalement trois choses, sa capacité à s’adapter à l’environnement de travail québécois en faisant appel à ses expériences antérieures québécoises même si ce sont des «premiers emplois pour ne pas dire boulots alimentaires ou jobines» (je l’ai d’ailleurs démontré dans un article intitulé quelles leçons tirer des jobines : l’expérience des centres d’appel), ensuite il doit démontrer sa capacité à s’intégrer en équipe de travail  (d’où l’expression ou l’anglicisme québécois «fiiter », est-ce que la personne «fiite» bien en équipe, on entend souvent les employés dire que le nouveau collègue «fiite» tellement bien dans l’équipe (s’adapte, s’ajuste ou convient); le candidat peut aussi démontrer sa capacité à s’adapter en équipe dans le cadre d’un bénévolat déjà effectué, un stage ou même une formation). Troisième argumentation, le candidat doit aussi démontrer qu’il a des compétences exigées par l’emploi comme n’importe quel autre candidat, c’est-à-dire aussi sa capacité à livrer la marchandise en tout temps ( dans ce cas ci-, le candidat peut faire appel à ce que je qualifie la recette des trois verbes magiques pour décrocher un emploi, c’est-à-dire séduire, convaincre et rassurer un employeur), des attitudes gagnantes pour décrocher un emploi.

Il est aussi vrai que si l’employeur ne donne pas une première chance à un candidat immigrant, il ne pourra jamais décrocher un emploi dans son domaine de compétences. C’est parfois la méconnaissance de diplômes et de culture des immigrants qui pousse souvent certains employeurs à se montrer réticents à les embaucher.

Pour diminuer certaines craintes, les employeurs québécois devraient travailler en étroite collaboration avec les organismes spécialisés en intégration des nouveaux arrivants afin de développer davantage, mais aussi d’adapter, leur politique de recrutement pour cette clientèle.

Pour terminer, je conseille souvent l’immigrant de faire un bénévolat ciblé. La personne immigrante qui néglige ce moyen de perfectionnement incontournable fort apprécié des employeurs minimise ses chances d’embauche. Ceux ou celles qui sont à la recherche de leur première expérience québécoise ont tout à gagner en s’investissant dans ce que j’appelle la preuve d’une intégration citoyenne.

Panel sur l’intégration professionnelle des personnes issues de l’immigration dans le marché du travail. Foire Emploi-Intégration – Oasis Foire de l’emploi et de l’intégration professionnelle du 30 octobre

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Le cercle vicieux « pas d’expérience canadienne, pas d’emploi, et vice versa »

Par Doudou Sow le Samedi 02 Novembre 2019 dans Avis de l’expert, Blogue, COIN DE L’EXPERT, CONSEILS, Conseils d’entrevue, Immigrer au Québec, L’ABC de l’intégration, Stratégies de recherche d’emploi, Travailler au Québec. Pas de commentaire


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