Capture d'écran offre d'emploi validée en région-grille de sélection du programme régulier des travailleurs qualifiés-règlement du 2 août 2018

Comme l’indique le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration sur son site Web, le Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ) permet de sélectionner des travailleurs étrangers pour combler des besoins du marché du travail. Le Ministère a ajouté dans le nouveau système Arrima, un portail Employeurs, pour aider ceux-ci dans leurs démarches de recrutement international.  Le candidat immigrant qui y dépose une déclaration d’intérêt doit consentir ou non à ce que le Ministère puisse transmettre ses coordonnées à des employeurs qui pourront le contacter par la suite.

« Un employeur qui souhaite offrir un emploi permanent à un travailleur étranger peut présenter une demande de validation d’un emploi permanent. Une fois que le ministère valide l’offre d’emploi, le travailleur étranger souhaitant s’établir de manière permanente au Québec peut ainsi obtenir des points additionnels lors de la sélection. De plus, le travailleur étranger ayant une offre d’emploi validée par le Ministère et qui présente une déclaration d’intérêt sera invité en priorité à présenter une demande de sélection permanente. Pour être admissibles, l’employeur et le travailleur doivent satisfaire (à certaines) conditions », détaille le Ministère sur son site Web et dans les programmes d’immigration pour l’embauche de travailleurs étrangers.

Par le biais d’une offre d’emploi de l’employeur validée par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, le gouvernement caquiste cherche à s’assurer que l’immigrant ou le futur candidat à l’immigration occupe globalement un emploi au Québec à la hauteur de ses compétences et de ses aspirations. L’intégration en emploi du nouvel arrivant dans son domaine de compétences règle aussi la problématique du chômage très élevé chez ces personnes immigrantes (qui est parfois le double ou le triple à celui des natifs selon la durée de résidence, une amélioration ces dernières années certes du taux d’emploi chez les personnes immigrantes mais un défi encore toujours plus grand pour les «minorités visibles ou personnes racisées») et corrélativement résout en partie la question de leur surqualification*, pas moins de 59 % des immigrants qui se trouvent au Québec depuis cinq ans et moins sont surqualifiés par rapport aux besoins des employeurs selon une étude souvent citée par le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Simon Jolin-Barrette. Le nouveau système d’immigration intègre donc ses nobles intentions d’une intégration socioprofessionnelle réussie et pourrait donner des résultats satisfaisants si l’on tient également compte de la dimension multifactorielle de l’immigration (un fait social total, au sens où l’entendait le sociologue Emmanuel Mauss) et de la réduction des délais de traitement au niveau fédéral.

Dans la rubrique, « Embaucher un travailleur étranger permanent sur la base d’une offre d’emploi permanent », le Ministère vante les mérites du recrutement du travailleur étranger sur une base permanente et l’offre d’emploi validée autant pour les employeurs québécois que les candidats potentiels à l’immigration.

Avantages significatifs pour les employeurs

« L’embauche, par des employeurs québécois, de travailleurs étrangers sur une base permanente permet de pourvoir des emplois pour lesquels des difficultés de recrutement sont observées. La venue de ces candidats engendre de nombreuses retombées économiques positives, car elle permet, notamment, de maintenir ou de créer de nouveaux emplois, d’assurer l’encadrement ou la formation de la main-d’œuvre sur place et de favoriser l’établissement de nouveaux marchés. »

En plus de voir leurs dossiers de recrutement être traités rapidement par le Ministère, les employeurs peuvent aussi compter sur des travailleurs immigrants compétents qu’ils auront choisis sur la base de leurs exigences et prêts à combler immédiatement les postes à pourvoir. Le travailleur immigrant bénéficie aussi, de son côté, d’un traitement de faveur dans le processus d’immigration, puisque son profil correspond exactement aux besoins réels et actuels du marché du travail québécois dans un contexte de rareté ou de pénurie de main-d’œuvre. Ce travailleur qui pourrait être par exemple un soudeur, mécanicien, électromécanicien, infirmier, machiniste, préposé aux bénéficiaires, informaticien, chef cuisinier, éducatrice de la petite enfance, etc. n’est plus nullement concerné par l’ancien principe « premier arrivé, premier servi» du processus de sélection, une méthode abandonnée avec l’adoption du projet de loi n° 9 en juin 2019loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail pour une intégration réussie des personne immigrantes. 

L’obtention d’une offre d’emploi n’est pas obligatoire pour être sélectionnée dans le cadre du Programme régulier des travailleurs qualifiés. Cependant, obtenir une offre d’emploi représente un gros avantage pour une sélection rapide et plus de points au candidat immigrant, surtout si l’offre d’emploi est en région.

Avantages significatifs pour les futurs candidats à l’immigration

« Les personnes ayant une offre d’emploi validée par le Ministère et qui présentent une déclaration d’intérêt pourraient voir augmenter leurs chances d’être invitées à présenter une demande de sélection au Programme régulier des travailleurs qualifiés. ». Cerise sur le gâteau ou le sundae, « les personnes ayant une offre d’emploi permanent en région québécoise, soit hors de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), ont plus de chances d’être sélectionnées puisque la grille de sélection du Programme régulier des travailleurs qualifiés attribue davantage de points aux offres d’emploi se trouvant hors de la CMM et où les taux de chômage sont les plus faibles », comme le démontre cette capture d’écran extraite de la grille de sélection en vigueur,  celle du 2 août 2018, qui évalue les demandes d’immigration.


Capture d’écran offre d’emploi validée en région-grille de sélection du programme régulier des travailleurs qualifiés-règlement du 2 août 2018

Donc, les candidats immigrants ont tout à gagner en choisissant les régions du Québec et sur ce doivent se renseigner davantage sur leurs réalités socioprofessionnelles et culturelles. D’ailleurs, favoriser la régionalisation de l’immigration est un des objectifs du nouveau système d’immigration, dont la plateforme Arrima incarne l’esprit de la réforme. En d’autres termes, le système Arrima favorise la régionalisation de l’immigration. Les régions seront privilégiées puisque la majorité des emplois disponibles sont en région comme le rappelle souvent les différentes organisations économiques. « On souhaite donner priorité aux personnes immigrantes qui ont une offre d’emploi validée en région », a mentionné Simon Jolin-Barrette, le ministre du MIFI, lors d’une conférence de presse tenue à Roberval. (Mieux accueillir les immigrants en région, Guillaume Roy, Le Quotidien, 13 septembre 2019).

Le Québec inc. s’est réjoui de la mise en application du système de sélection Arrima, un nouvel outil alliant le profil de candidats à l’immigration aux besoins du marché du travail québécois. Devant le besoin criant de main-d’œuvre, plus de 140 000 postes à pourvoir au Québec, le gouvernement caquiste réhaussera certainement ses  seuils d’immigration dont «la décision finale pour la planification de l’immigration pour la période 2020-2022, sera déposée d’ici le 1er novembre à l’Assemblée nationale du Québec ». (Le Québec inc. réclame au moins 60 000 immigrants par an, Romain Schué, ICI Radio-Canada, 12 août 2019).

Pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre, le nouveau système traite, conformément à l’engagement du gouvernement lors de l’adoption du projet de loi  n° 9, en priorité les 3700 dossiers de personnes qui avaient formulé une demande pour obtenir un CSQ et qui se trouvent déjà en territoire québécois, tout comme ceux qui détiennent un permis de travail temporaire ou une offre d’emploi validée dans le but de s’établir dans la province. Rappelons quand même certaines orientations* qui vont dans le sens du virage économique du gouvernement Legault (augmentation progressive des seuils de l’immigration (entre 49 500 et 52 500); plus d’immigration économique dans le recrutement des immigrants (passer de 59 % à l’heure actuelle à 65 %), choisir notamment et prioritairement les aspirants candidats dont le profil correspond le mieux au marché du travail; apporter une des réponses à la pénurie de main-d’œuvre vécue par les entreprises de la région.)

Démarches de recrutement à suivre par les employeurs

Le Ministère indique par la suite les « 5 démarches importantes » que l’employeur doit suivre s’il veut embaucher un travailleur étranger à titre permanent.

  1. (S’informer) sur les conditions requises pour présenter une demande de validation d’une offre d’emploi permanent.
  2. Faire une demande de validation d’une offre d’emploi permanent pour embaucher un travailleur étranger à titre permanent.
  3. Procédure à suivre pour déterminer le salaire à offrir au travailleur étranger permanent.
  4. Accompagner le travailleur dans ses démarches d’installation une fois qu’il a obtenu le statut de résident permanent.
  5. Intégrer le travailleur étranger dans l’entreprise afin qu’il puisse occuper l’emploi permanent offert.

Il est important de mentionner qu’en plus des conditions requises pour embaucher un travailleur étranger (poste à temps plein (minimum 30 h par semaine) qui respecte les obligations légales et réglementaires, salaire correspondant à celui d’un travailleur québécois dans la même catégorie d’emploi et ayant un niveau d’expérience équivalent) l’employeur québécois doit minimalement effectuer certaines démarches de recrutement local avant de se lancer dans le recrutement à l’international comme le précise le MIFI :

Capture d’écran conditions requises pour affichage du poste et critères respectant l’annonce de poste-MIFI-Integrationemploi

Le Ministère précise également que si le candidat que l’employeur souhaite recruter de façon permanente est déjà à son emploi et qu’il détient un permis de travail valide, l’employeur n’est pas tenu de faire des démarches pour combler le poste par la main-d’œuvre locale avant de présenter sa demande, et par conséquent, il n’a pas besoin de fournir de preuves de celles-ci. L’employeur qui satisfait aux conditions requises pour embaucher un travailleur étranger permanent (facteur Offre d’emploi validée de la Grille de sélection) doit remplir en français le formulaire Demande de validation d’une offre d’emploi permanent (A-0700-EF) (PDF, 809 Ko). 

En clair, l’employeur doit faire des démarches de recrutement local avant de faire une présentation de demande d’une offre d’emploi auprès du MIFI si le candidat qu’il souhaite embaucher de façon permanente est à l’étranger ou n’est pas déjà à son emploi tout en détenant un permis de travail valide. Pour s’assurer que l’entreprise respecte la procédure, le Ministère précise que : « que des preuves de (ses) démarches de recrutement (lui) seront demandées au moment de la présentation de (sa) demande de validation de l’offre d’emploi permanent. ». 

Le Ministère tient également à préciser que « si le travailleur étranger que (l’employeur souhaite embaucher) est déjà au Québec en tant qu’étudiantou travailleur étranger temporaire, celui-ci devra notamment satisfaire aux conditions suivantes au moment de la présentation de sa demande de sélection :

  • faire de ses études ou de son travail sa principale activité au Québec;
  • être titulaire d’un certificat d’acceptation, d’un permis d’études ou d’un permis de travail et se conformer aux conditions rattachées à ce certificat ou à ce permis. (Cette condition ne s’applique pas si le candidat est exempté de l’obligation d’obtenir le consentement du ministre à séjourner au Québec en vertu du Règlement sur l’immigration au Québec ou de détenir un permis en vertu du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés. ». 

Avec ce nouveau système de sélection de l’immigration, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration compte faire passer de 36 à 6 mois le délai de traitement des candidatures, surtout celles dont le profil correspond le mieux aux besoins du marché du travail. Enfin, soulignons de nouveau que la réussite de cette mesure ou nouvelle façon de faire dépend aussi des délais de traitement des demandes au niveau fédéral.

Dans notre prochain article, nous reviendrons sur les étapes réservées au travailleur étranger qui a une offre d’emploi validée.

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*« Selon des données récentes de l’Institut du Québec, à Montréal, 63 % des immigrants détenant un diplôme universitaire sont surqualifiés, surpassant ceux résidant à Vancouver, précise la CCMM (Chambre de commerce du Montréal métropolitain) – (Le Québec inc. réclame au moins 60 000 immigrants par an, Romain Schué, ICI Radio-Canada, 12 août 2019).

*Orientations à visée économique

1. Augmenter progressivement le nombre de personnes immigrantes admises au cours de la période pour atteindre 49 500 à 52 500 personnes en 2022

2. Atteindre, en fin de période, une proportion de personnes admises dans la catégorie de l’immigration économique de l’ordre de 65 %

3. Favoriser la sélection permanente de travailleurs étrangers et de ressortissants étrangers diplômés du Québec répondant aux besoins du marché du travail et résidant temporairement sur le territoire

4. Arrimer la sélection aux besoins à court terme du marché du travail, en sélectionnant des requérants principaux travailleurs qualifiés ayant une formation en demande ou une offre d’emploi validée

 5. Accélérer l’arrivée des personnes immigrantes dans la catégorie de l’immigration économique, pour répondre plus rapidement aux besoins du Québec

6. Appuyer les employeurs de toutes les régions du Québec dans leurs démarches de recrutement de travailleurs étrangers temporaires, afin d’en augmenter le nombre, de diminuer les délais avant leur arrivée et de faciliter les démarches pour répondre aux besoins de main-d’œuvre à court terme

Par Doudou Sow le Dimanche 27 Octobre 2019 dans Analyse de l'actualité, Blogue, CSQ, Emplois en région, IMMIGRATION EN RÉGION, Immigrer au Québec, Recrutement international, Travailler au Québec. Un commentaire


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