Courtoisie : Facebook Loupy Idir.
L’autrice de ce texte d’opinion est une personne immigrante impactée par l’abolition brutale du PEQ. Celle qui a déjà publié une lettre ouverte au premier ministre François Legault a également fait l’objet d’un article dans le journal Le Devoir-(Les laissés-pour-compte du PEQ, Lisa-Marie Gervais, 27 décembre 2025). Cette enseignante d’origine tunisienne a même enseigné le cours de Culture et citoyenneté québécoise (CCQ). Elle habite présentement à Joliette dans Lanaudière.
Quand on me demande quel cadeau aimerais-tu avoir en cette fin d’année? Je réponds que j’aimerais avoir le même cadeau qui passe par la tête de milliers de personnes victimes de l’abolition du PEQ…
Aujourd’hui, je souhaite prendre ENCORE UNE FOIS la parole au sujet du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), un programme qui a longtemps représenté une voie juste, humaine et cohérente vers la résidence permanente pour des milliers de personnes déjà intégrées au Québec.
Je fais partie de celles et ceux que l’on peut désormais appeler les victimes des changements successifs et imprévisibles du PEQ. Comme beaucoup d’autres, j’ai construit mon projet de vie au Québec en toute bonne foi, en respectant les règles en vigueur au moment de mon arrivée : études, travail, intégration sociale, participation à la vie économique et culturelle, apprentissage du français, respect des lois et des institutions.
Or, du jour au lendemain, les règles ont changé.
Sans transition suffisante.
Sans protection pour les personnes déjà engagées dans le processus.
Ces changements ont plongé de nombreuses familles ( pas seulement la mienne )et travailleurs temporaires dans une grande insécurité, un sentiment d’injustice et parfois même de détresse. Des projets de vie ont été suspendus, des carrières freinées, des familles maintenues dans une précarité administrative difficilement justifiable.
Aujourd’hui, nous souhaitons un retour du PEQ de nouveau et nous voulions rappeler un point essentiel :
Le retour du PEQ doit impérativement s’accompagner d’une clause grand-père.
Cette clause n’est ni un privilège, ni une faveur.
Elle est une question d’équité, de cohérence et de respect des engagements moraux pris envers celles et ceux qui ont fait confiance au Québec.
Une clause grand-père permettrait de reconnaître le parcours :
des personnes déjà présentes sur le territoire,
déjà intégrées, déjà contributrices et qui ont engagé temps, argent, énergie et espoir dans un projet basé sur des règles aujourd’hui disparues.
Le Québec a toujours été reconnu pour ses valeurs d’humanisme, de justice sociale et d’accueil. Redonner au PEQ sa vocation première, tout en protégeant celles et ceux qui ont cru en lui, serait un geste fort, porteur de sens et de confiance.
Nous ne demandons pas de passe-droit.
Nous demandons simplement que les règles du jeu ne changent pas en cours de partie, surtout lorsque l’avenir de familles entières est en jeu.
Par Doudou Sow le Mardi 30 Décembre 2025 dans Blogue, PEQ (étudiants étrangers et travailleurs temporaires spécialisés), PEQ (étudiants étrangers et travailleurs temporaires spécialisés). Aucun commentaire
