Source image : article Radio-Canada
Depuis le 1er janvier 2026, les exigences financières sont revues à la hausse pour les étudiants internationaux.
« Le Québec rehausse les exigences financières imposées aux étudiants étrangers : dès le 1er janvier 2026, la somme que les étudiants devront détenir dans leur compte pour venir étudier dans la province augmentera de presque 10 000 $ pour une personne seule.
Les étudiants étrangers devront désormais démontrer qu’ils disposent d’au moins 24 617 $ afin d’être admissibles à un séjour d’études au Québec, contre 15 508 $ en 2025. À cela s’ajoutent les droits de scolarité ainsi que les frais de transport pour effectuer l’aller-retour depuis leur pays d’origine », faisait remarquer Mathilde Beaulieu-Lépine dans son article intitulé « Québec exigera davantage d’argent des étudiants étrangers dès le 1er janvier 2026 » ( Le Devoir, 29 décembre2025).
« Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration explique cette hausse de près de 10 000 $ par la volonté de mieux aligner les critères d’admission sur « les conditions économiques actuelles au Québec », indique un article de Radio-Canada sous le titre « Plus d’argent exigé pour les étudiants étrangers ».

Source : ICI RDI
La tendance d’une diminution du nombre d’admissions des étudiants internationaux se confirme
Soulignons qu’avec (1) l’application de la Loi n° 74 (Chapitre 43 des lois de 2024) « visant principalement à améliorer l’encadrement relatif aux étudiants étrangers », les institutions d’enseignement avaient déjà constaté la chute des inscriptions des étudiants étrangers causant ainsi un manque à gagner énorme au niveau économique, de l’attractivité mais aussi des difficultés à remplir des cohortes de formation ou maintenir des programmes en vie comme ceux dans les cégeps mais aussi en recherche (Études de 2e et 3e cycles). Selon le recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Christian Blanchette, l’UQTR « estime à environ 820 inscriptions de moins chez les étudiants internationaux cette année. Globalement, la diminution représente une perte financière de près de 7 millions de dollars par année[1]. »
La fin sans consultation et préavis du PEQ (2) entraînera aussi la diminution du recrutement des étudiants internationaux et travailleurs étrangers temporaires (TET). Le directeur général de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) Luc-Alain Giraldeau, vante les mérites de l’immigration surtout dans le domaine scientifique. « En ce moment, il manque dans les sciences pures et appliquées, aux cycles supérieurs (maîtrise et doctorat), il n’y a pas de Québécois. La science québécoise, elle est faite par à peu près 70 % d’étudiants qui viennent de l’étranger[2]. » Plusieurs institutions dans le milieu de l’enseignement, et par ailleurs dans d’autres secteurs, ont exprimé leur désaccord quant à la fin du PEQ (Les universités, La Fédération des cégeps, La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), L’Union étudiante du Québec (UEQ), Les syndicats, Les associations étudiantes, etc.).
Cette dernière mesure gouvernementale sur la hausse des exigences financières imposées aux étudiants étrangers (3) sera également un frein supplémentaire à la venue des étudiants internationaux au Québec, même si, reconnaissons-le, le coût de la vie a augmenté au Québec. « Les étudiants étrangers paient aujourd’hui de trois à dix fois plus que les Québécois pour suivre des cours, sauf exception, par exemple les Français » (Que rapportent les étudiants étrangers? Sarah R. Champagne, Le Devoir, 19 octobre 2024).
« Mais même en hausse [de la population étudiante pour encore une dizaine d’années], on continue d’avoir besoin des étudiants internationaux » pour maintenir la vitalité de certains programmes, surtout en région, dit Marie Montpetit [présidente-directrice générale de la Fédération des cégeps]. Les étudiants québécois en bénéficient aussi, puisque ceux d’ailleurs viennent compléter des cohortes qui seraient autrement parfois trop maigres, selon les critères gouvernementaux, pour démarrer. « Les cégeps ont été créés entre autres pour permettre une accessibilité aux études supérieures en région, et c’est ce qu’ils permettent », rappelle-t-elle. (Que rapportent les étudiants étrangers? Sarah R. Champagne, Le Devoir, 19 octobre 2024).
Avec la combinaison des différentes mesures, le gouvernement risque, à tort ou à raison, à faire du Québec une société moins attractive pour l’immigration, de surcroît francophone. Le cri de cœur des institutions d’enseignement en commission parlementaire sur la planification de l’immigration pour la période 2026-2029 est loin d’être entendu. Ces différentes mesures impacteront négativement les régions du Québec et pourraient bien nuire à la réputation du Québec à l’international.
Enfin, précisons que chaque gouvernement librement élu peut décider de mener des politiques d’immigration en lien avec ses orientations. Par contre, il ne peut changer les règles en cours de route, sans inclure une mesure transitoire, comme par exemple dans le dossier de l’abolition abrupte du PEQ.
Compilation des faits : voir captures d’écran chute des inscriptions (entre automne 2024 et automne 2025, Radio-Canada), déclaration de Christian Blanchette recteur de l’UQTR sur la perte financière, etc.
[1] « L’abolition du PEQ fait réagir le maire de Trois-Rivières », reportage de Maxim Danis, Noovo Info, 19 décembre 2025.
[2] Ibid.
Par Doudou Sow le Dimanche 11 Janvier 2026 dans Blogue. Aucun commentaire
