30 janvier 2026

Les récents changements aux règles en matière d’immigration ont des impacts directs et profondément humains alors que des personnes pleinement intégrées à Rouyn-Noranda seront forcées de retourner dans leur pays d’origine. La Ville de Rouyn-Noranda, appuyée par ses principaux partenaires, refuse d’abandonner celles et ceux qui ont choisi de venir s’établir ici et qui contribuent quotidiennement au développement de notre communauté.

Le maire de Rouyn-Noranda, la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda (CCIRN), le Centre local de développement (CLD), l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue et des entreprises locales unissent leur voix à la Coalition régionale en immigration et à celles de nombreux leaders à l’échelle provinciale afin d’intensifier la pression sur les gouvernements du Québec et du Canada dans le dossier de l’immigration.

Alors que des familles entières risquent d’être séparées et que des entreprises risquent de perdre des travailleurs essentiels, ici comme ailleurs au Québec, les partenaires sont unanimes : les conséquences pour Rouyn-Noranda et pour l’Abitibi-Témiscamingue seront majeures, voire irréversibles. Dans un contexte où le renouvellement de la population demeure un défi constant, l’immigration est essentielle à l’occupation du territoire, à la vitalité économique et à la pérennité des services.

« Le contexte politique actuel, marqué par la course à la chefferie de la CAQ et des élections qui approchent, nous oblige à accentuer la pression sur les élus provinciaux. Lors de son passage en région, le premier ministre s’est montré ouvert à l’idée d’un statut particulier pour l’Abitibi-Témiscamingue ; nous exigeons maintenant des actions concrètes, et ce, sans délai, car les impacts se font déjà sentir. J’appelle également le gouvernement du Québec à travailler avec leur homologue fédéral pour trouver des solutions pour les travailleurs étrangers temporaires », affirme le maire de Rouyn-Noranda, M. Gilles Chapadeau. 

Le président de la CCIRN, M. Éric Beaupré, abonde en ce sens : « En Abitibi-Témiscamingue, où le taux de postes vacants est le plus élevé au Québec et parmi les plus élevés au Canada, les règles actuelles en immigration fragilisent directement notre économie régionale. Avec un taux de chômage de 3,9 %, des pertes moyennes déjà évaluées à 223 000 $ par entreprise, et plus de 1,1 M$ d’impacts anticipés, alors qu’un tiers des entreprises craint pour sa survie, il devient de plus en plus difficile de justifier le maintien de règles uniformes dans des régions où les besoins sont structurels et bien documentés. Nous demandons au gouvernement fédéral de réviser le seuil maximal de 10 % de travailleurs étrangers temporaires par entreprise, une limite qui freine inutilement la capacité de nos entreprises à maintenir leurs activités. »

« Du point de vue du développement économique, les récents resserrements créent une rupture de cohérence. Les personnes touchées sont déjà ici, intégrées, en majorité francophones et essentielles à nos entreprises. Les régions éloignées et leurs employeurs ont investi énormément d’énergie pour recruter, former et stabiliser cette main-d’œuvre dans un contexte de pénurie. Les changements rétroactifs fragilisent ces parcours et nuisent à la vitalité de nos territoires. C’est pourquoi nousdemandons des programmes adaptés aux réalités des régions éloignées, une meilleure prévisibilité réglementaire et une clause de droits acquis pour les parcours déjà amorcés. Avec un taux de postes vacants qui atteignait 4,4 % au troisième trimestre de 2025, soit le plus élevé au Québec, et un accroissement naturel négatif de la population de près de 600 personnes depuis les cinq dernières années, ce n’est pas un luxe pour notre région, mais une absolue nécessité. » ajoute pour sa part la directrice générale du CLD de Rouyn-Noranda, Mariève Mignault.

 « Les étudiantes et étudiants internationaux jouent un rôle essentiel dans le maintien de nos programmes d’enseignement et dans la vitalité économique et sociale de l’Abitibi-Témiscamingue. En remettant en cause des parcours déjà amorcés, les changements récents en immigration créent de l’incertitude, fragilisent nos établissements et compromettent l’ancrage durable de diplômées et diplômés qui choisissent de s’établir en région. Il est essentiel que les politiques publiques prévoient des mécanismes de droits acquis afin d’assurer une transition humaine, équitable et adaptée aux réalités régionales », affirment Dany Mercier et Vincent Rousson, respectivement directeur général du Cégep de l’Abitibi‑Témiscamingue et recteur de l’UQAT.

« Les nouvelles règles imposées au PTET et au PEQ créent des obstacles majeurs pour une entreprise comme la nôtre. D’une part, nous avons un risque réel de perdre des travailleurs bien intégrés dans nos équipes et qui sont nécessaires aux services que nous offrons présentement. D’autre part, l’incertitude et les démarches considérables que nous devons faire pour les garder entraînent de l’improductivité et mettent une pression considérable sur nos équipes de gestion. Groupe Autobus Maheux est une entreprise inclusive bien établie en Abitibi-Témiscamingue et dans le Nord-du-Québec, mais nous devons pouvoir compter sur une main‑d’œuvre stable et diversifiée pour offrir nos services qui sont essentiels à la population. Dans notre organisation, nous comptons sur une trentaine d’employés issus de l’immigration et leur contribution est essentielle. Il serait absurde de perdre ne serait-ce que l’un d’entre eux en raison du changement d’approche gouvernementale. », atteste M. Nicolas L. Maheux, directeur du Groupe Autobus Maheux.

Par cette prise de position commune, la Ville de Rouyn-Noranda et ses partenaires réaffirment leur volonté de défendre une immigration humaine, cohérente et adaptée aux réalités de notre région et dans le respect des personnes qui ont fait le choix d’y vivre.

En cohérence avec les revendications de la Coalition régionale en immigration.

Cette sortie du maire de Rouyn-Noranda et de ses partenaires s’intègre à la démarche de la Coalition régionale en immigration de l’Abitibi-Témiscamingue chapeautée par les cinq Chambres de commerce régionales et l’Agence d’attractivité de l’Abitibi-Témiscamingue qui vise à défendre les intérêts de la région et de ses résidents issus de l’immigration, tout en revendiquant une approche équitable et durable de la régionalisation.

Source : Direction des communications

819 797-7110, poste 7371

communications@rouyn-noranda.ca

Par Doudou Sow le Dimanche 01 Février 2026 dans Blogue. Aucun commentaire