LETTRE OUVERTE : Monsieur le Ministre, sortez de votre bureau et venez voir la réalité.

À l’attention de Monsieur Jean-François Roberge, Ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration

Monsieur le Ministre,

En tant qu’avocate praticienne en droit de l’immigration, mon quotidien n’est pas fait de « dossiers », mais de témoignages de vies brisées. Depuis la suspension du volet Travailleurs du PEQ, je reçois des hommes et des femmes dont le seul tort est d’avoir cru en la promesse du Québec.

Je vous lance aujourd’hui une invitation solennelle : venez sur le terrain.

Allez visiter nos manufactures et nos entreprises d’aérospatiale. Vous y rencontrerez des soudeurs et des machinistes hautement qualifiés qui préparent leurs valises, forcés de quitter leurs postes faute de renouvellement de permis. Entrez dans les cuisines de nos restaurants et dans nos hôtels, où des hôteliers sont acculés au mur par le plafond de 10 % de main-d’œuvre étrangère. Ils se voient obligés de laisser partir leur personnel d’entretien ou leurs cuisiniers alors que personne d’autre ne postule.

Allez dans nos hôpitaux, nos résidences pour aînés, nos écoles et nos garderies. Vous y verrez des infirmières, des enseignants et des éducatrices passionnés. Plusieurs sont des diplômés du Québec, formés ici selon nos standards, parlant parfaitement français (minimum B2), et pourtant, le système les rejette.

Ces gens ont tout donné pour s’installer ici : ils ont vendu leurs terres, liquidé l’or de leurs parents et se sont lourdement endettés pour répondre à NOTRE besoin de main-d’œuvre. Leurs enfants sont déjà intégrés, étudient dans nos écoles et sont pleins d’espoir pour leur avenir au sein de notre société.

Le PSTQ ne règle pas l’urgence actuelle. Nous avons besoin d’une solution immédiate. Le Québec ne peut pas se permettre de perdre son humanité en même temps que son économie. Nos entreprises crient famine et nos travailleurs crient leur douleur.

Monsieur le Ministre, la protection de notre langue passe par l’intégration de ceux qui sont déjà ici et qui nous ont choisis, pas par leur expulsion. Nous demandons l’application d’une clause grand-père pour sécuriser ces travailleurs et leurs familles le plus tôt possible.

Me Sondes Jelassi

Par Doudou Sow le Lundi 02 Février 2026 dans Blogue. Aucun commentaire