Les orphelins du PEQ affichent une unité devant l’épreuve difficile qu’ils traversent et ne veulent aucunement une division dans leurs rangs.
« On ne veut pas séparer le Québec, on ne veut pas séparer Montréal, Laval; on est tous venus avec ce fameux programme, donc pourquoi diviser? » demande Dorothée Le Mercie, porte-parole du mouvement Le Québec c’est nous aussi. Des propos qui ont été rapportés dans un article de Flavie Sauvageau de Radio-Canada intitulé « Réforme du PEQ : on craint que de nombreux immigrants vivent « le Noël de l’angoisse ».
Les manifestants réclament toujours « justice pour le PEQ » et comme le disait François Proulx Dupéré, porte-parole de la CSN, qui coorganisait cette manifestation avec le collectif Le Québec c’est nous aussi : « On n’a pas le droit de lâcher parce que la société québécoise ne peut laisser personne derrière. Ce n’est pas ça qu’on fait dans un État de droit ».
Soulignons que le collectif Le Québec c’est nous aussi organisait sa cinquième manifestation à Québec depuis novembre 2025 pour dénoncer l’abolition brutale du PEQ et réclamer minimalement une clause de droits acquis.
Rappelons également qu’une lettre collective de Vingt-cinq retraités du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec publiée dans La Presse dénonce aussi « une fin triste et indigne pour le Programme de l’expérience québécoise ». Ces derniers croient que « la simple décence commande que toutes les personnes ayant obtenu un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ) pour études ou pour un permis de travail avant le 30 octobre 2025, moment de l’abolition du PEQ, puissent encore déposer une demande d’immigration permanente en vertu de ce programme ».
« On est en train de tout mêler les affaires. Ce n’est pas le fédéral qui a fermé le PEQ, c’est le gouvernement provincial. Le gouvernement provincial, s’il veut simplifier l’affaire, qu’il réouvre le PEQ », croit M. Proulx Dupéré qui n’est pas convaincu par les arguments du ministre de l’Immigration qui rejette le blâme sur Ottawa pour le non-renouvellement des permis de travail.
« Dans une déclaration acheminée à Radio-Canada, M. Lightbound rappelle qu’Ottawa a télégraphié dès 2024 son intention de limiter le nombre de résidents temporaires au pays, à la demande du Québec, qui réclamait le respect de sa capacité d’intégration des nouveaux arrivants. » Immigration: Ottawa « insensible » à la détresse des travailleurs, selon Roberge, Olivier Lemieux, Radio-Canada, 19 décembre. Le ministre fédéral Joël Lightbound était de passage dans les studios de Radio-Canada à Québec comme le rapporte l’article.
« Selon Joël Lightbound, le choix d’abolir le PEQ est celui du Québec et c’est au gouvernement Legault d’identifier les candidats à la résidence permanente parmi les immigrants temporaires qui se trouvent sur son territoire.
C’est à Québec de décider s’ils souhaitent donner la résidence permanente à des travailleurs temporaires et répondre aux besoins des entreprises. Ils ont déjà le pouvoir de le faire, rappelle-t-il. »
Les orphelins du PEQ demandent donc au ministre de prendre ses responsabilités et d’honorer sa part du contrat en leur accordant minimalement une clause de droits acquis. Des manifestants toujours mobilisés continuent à se battre pour une clause grand-père. Ils invitent les orphelins du PEQ « à rester unis jusqu’à la victoire ». Ils ne cessent de réclamer « justice pour le PEQ » et refusent « d’être des numéros ».
« On s’excuse de notre trahison », dit Steven Blaney maire de Lévis. Les commentaires recueillis suite à l’article de la journaliste Paule Vermot-Desroches du journal Le Nouvelliste intitulé « Abolition du PEQ: équité et humanité, réclame le maire de Trois-Rivières » (19 décembre) prouvent que les immigrants ont beaucoup d’alliés stratégiques chez les Québécois qu’ils ne le pensent. Les laissés-pour-compte du PEQ ne sont pas seuls dans leur combat pour la dignité humaine et du respect de la parole donnée.
Une grande coalition pour la réouverture du PEQ ou à tout le moins une clause grand-père prend forme avec le soutien indéfectible des maires, députés, associations étudiantes, centrales syndicales, professeurs d’université sans compter une très bonne couverture médiatique favorable aux orphelins du PEQ.
Crédit photos : Arwa Beji
Par Doudou Sow le Mardi 23 Décembre 2025 dans Blogue, PEQ (étudiants étrangers et travailleurs temporaires spécialisés). Aucun commentaire
